Juil 132018
 

Lori de Duyvenbode (Chalcopsitta duyvenbodei)C’est en 1884 qu’est présentée au Muséum Royal d’Histoire Naturelle de Belgique une collection d’oiseaux et d’animaux naturalisés de Nouvelle Guinée. Parmi ceux-ci, un lori jusqu’alors inconnu, et qui fut baptisé du nom du donateur, Maarten Dirk van Renesse van Duyvenbode.

Description physique
C’est un grand lori à longue queue arrondie, à la beauté frappante. Il mesure 31 cm de long, et pèse 200 à 230 grammes, bien que des poids supérieurs à 250 grammes ne soient pas rares chez les oiseaux d’élevage. La couleur prédominante est le brun foncé, qui contraste violemment avec le jaune éclatant qui couvre le front, les lores, et qui entoure la mandibule inférieure. Le dessous des ailes, la courbure de l’aile et les cuisses sont également d’un jaune vibrant. Les plumes allongées de la nuque et des côtés du cou sont d’un jaune sombre. Le bas du dos, le croupion et le dessous de la queue sont violets. La poitrine présente un reflet jaune. Les primaires sont noires avec une large tâche jaune, de même que les deux premières secondaires. Le bec, la cire, les pattes et la peau entourant la mandibule inférieure sont noirs. L’iris est brun sombre, et entouré d’un cercle jaune pâle.
Les mâles sont généralement plus grands et plus trapus, avec la tête et le bec plus larges.


Chez les immatures, le jaune de la face est plus foncé et moins étendu. Le haut de la poitrine est clair, car les plumes sont bordées de jaune. Les longues plumes du cou sont marrons. Les plumes sous les ailes sont jaunes, avec la base brune. Le croupion est jaune bronze, teinté de reflets bleus. La peau nue qui entoure l’œil et la mandibule inférieure est blanche, devient grise à l’âge de huit mois, puis fonce petit à petit jusqu’à devenir noir vers un an à un an et demi.

Mutations
En 1989, Patrick Tay de Singapour a acquit un spécimen capturé dans la nature dont les parties normalement brunes étaient vertes, avec quelques seulement quelques zones plus foncées sur les ailes. Le croupion et les plumes sous- caudales, normalement de couleur violette, étaient d’un bleu iridescent. Les zones jaunes étaient normalement colorées. (Pour plus de détails et photo de cette mutation, cf. « Hancock House Encyclopedia of the Lories », de Rosemary Low).

Sous-espèces
Chalcopsitta duyvenbodei syringanuchalis. Théoriquement plus foncé sur la tête et sur le dos. Certains spécimens ont des reflets violets. Les deux sous- espèces sont très difficiles à distinguer.

Distribution
Nord de la Nouvelle- Guinée, C. d. duyvenbodei au Nord- Ouest, depuis la baie de Geelvink jusqu’à Aitape, C. d. syringanuchalis au Nord- Est, depuis Aitape jusqu’à la baie d’Astrolabe. C’est un lori généralement considéré comme peu commun, (bien que Juniper et Parr (1998) estiment que la population mondiale dépasse les 50 000 individus, y compris la peu nombreuse population captive). En fait, on sait peu de choses du statut de cette espèce, et on ignore si des mesures de protection sont nécessaires.

Ecologie
Ils vivent dans les forêts des plaines basses et des collines, jusqu’à 200m d’altitude, mais on les trouve aussi en lisières des forêts et en milieu plus ouverts.
Les loris de Duyvenbode vivent dans les parties supérieures des arbres. Ils ont été observés se rassemblant en larges bandes dans les arbres en fleurs, mélangés avec des loriquets de Swainson. On ne connaît pas leur régime alimentaire, mais il se compose probablement de pollen, de nectar et de fleurs, peut-être complété par des insectes.
La plupart du temps, on les voit voler en couples, ou en petites bandes comptant jusqu’à huit individus. Durant la parade nuptiale, le mâle se balance sous une branche pour exhiber le jaune de ses sous- alaires. On connaît peu de chose du cycle reproducteur de l’espèce dans la nature. Deux femelles en état de reproduction ont été capturées en Avril, et une bande de huit individus a été observée à la même période en train de chasser deux chauves-souris d’un tronc creux, sans doute à la recherche d’un lieu de ponte (Arndt, 1996)

Aviculture
C’est un oiseau peu commun en captivité, mais son élevage est aisé. En France, le recensement du Loris Club de France pour l’année 2003 et paru dans la revue de juin 2004 compte 19 oiseaux, dont trois sont isolés, les autres formant huit couples.
On isolera si possible les couples, à moins de disposer d’une très grande volière. On fournira au couple un nid aux dimensions intérieures de 40x20x30 cm. La période de reproduction démarre vers le mois de mars. La ponte est généralement de deux œufs. La période d’incubation est de 24 à 26 jours, et commence à la ponte du deuxième oeuf. Les deux parents couvent. A l’éclosion, les poussins pèsent 7 à 8 grammes, et sont recouverts d’un long duvet blanc. Les pieds sont gris-rose. Le bec est brun noir, avec la dent du bec blanche. Au quatrième jour, les pattes sont striées de noir. A huit jours, on aperçoit sous la peau les points noirs des futures plumes. A 12 jours, les yeux peuvent commencer à s’ouvrir, mais ne le seront pas complètement avant la troisième semaine. A 17 jours, le plumage gris sombre a commencé à sortir et forme de petits tubes, d’abord sur les ailes, le dos, les cuisses et les parties ventrales. A 24 jours, beaucoup des plumes alaires sont sorties, et les plumes d’un jaune brun sortent sur les
cuisses. Les plumes de la tête sortent juste après. A 5 semaines, la plupart des plumes sont sorties, à l’exception des sous alaires. Les plumes de la queue apparaissent.
Les poussins sont bagués à 14 ou 15 jours, avec une bague de 7,5 mm. Ils resteront au nid 70 à 80 jours, alors que les oiseaux élevés à la main seront sevrés au bout de 40 à 60 jours (pour des tables de croissance, cf. Hancock House Encyclopedia of the Lories », de Rosemary Low). Une seconde ponte, bien que peu courante, peut survenir dans la saison.

Bibliographie
“Hancock House Encyclopedia of the Lories”, Rosemary Low, ed. Hancock House, 1998.
“Lories & Lorikeets, the brush-tongued parrots”, Rosemary Low, ed. T.F.H., 1977
“Handbook of the Lories and Lorikeets”, Roger Sweeney, ed. T.F.H, 1993 “Parrots, A Guide to Parrots of the World”, Juniper and Parr, ed. Yale University Press, 1998
“Parrots of the World”, Joseph Forshaw, 1973

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